L'interview du jour

Pour sa première participation au Salon de l'Auto de Genève, Airbus a fait sensation avec Pop Up, un concept d'objet volant futuriste.

 On voit d'ici le slogan de la campagne de pub : "Ca bouchonne sur les routes ? Pas grave, roulez dans le ciel ! ". Pour que le rêve devienne réalité, la question que se posent désormais les industriels est moins comment, que quand ? La preuve avec Airbus qui, pour sa première participation au Salon de l'Automobile de Genève, a fait sensation cette semaine en présentant Pop Up, son projet d'objet volant futuriste, mi-voiture volante, mi-drone.

A l'origine de ce concept, le partenariat entre l'avionneur européen, et sa division spécifique Urban Air Mobility , et le bureau d'études Italdesign. Ils comptent proposer aux mégapoles du monde entier, confrontées au casse-tête de l'explosion du trafic routier prévue d'ici à 2030, un système de transport modulaire en co-sharing et tout électrique (zéro émission). Objectif : révolutionner la mobilité via l'intelligence artificielle. "Dans les prochaines années, le transport terrestre va passer au niveau supérieur : en plus d'être partagé, connecté et autonome, il va véritablement entrer dans la troisième dimension et devenir multimodal", commente Jörg Astalosch, le directeur général d'Italdesign. 

Les partenaires ont planché sur Pop Up. Une capsule modulaire biplace en fibre de carbone qui, en fonction de la configuration choisie, pourra circuler de façon entièrement automatisée à 100 km/h sur route, sur rails, ou encore dans les airs grâce à ses huit rotors.

Et l'innovation ne s'arrête pas là. Equipée d'une plateforme d'intelligente artificielle (IA), Pop Up, avant de débuter le trajet, calcule tous les paramètres de la course demandée (météo, état du trafic routier, coûts, etc), arbitre entre les modes de déplacement et propose au conducteur-pilote le trajet le plus rapide. Grâce à son architecture "en trois couches", la "capsule" tient également compte des habitudes de l'utilisateur.

LES TROIS NIVEAUX DE POP UP

Le système Pop.Up fonctionne selon un concept "en trois couches", explique Airbus.

- Un véhicule en forme de capsule pour passagers, conçu pour être couplé avec deux modules indépendants propulsés électriquement par des batteries (le module terrestre et le module aérien). D'autres moyens de transport public, comme les trains ou les futurs hyperloops, peuvent aussi être intégrés à la capsule.

- Une plate-forme d'intelligence artificielle gère la complexité des trajets, en s'appuyant sur les connaissances et les habitudes de l'utilisateur (connexion possible avec un covoiturage ou un auto partage, par exemple). Elle propose différents scénarios d'utilisation et assure une expérience de voyage en continue.

- Un module d'interface dialogue avec les utilisateurs dans un environnement entièrement virtuel.

Cette combinaison pourrait apporter une réponse à la problématique des trajets "pendulaires" (entre périphérie et centre) dans les grandes agglomérations. Les "navetteurs", après avoir réservé leur voyage via une application, rouleraient ainsi jusqu'aux portes de la ville, puis voleraient pour rejoindre leur lieu de travail dans l'hypercentre congestionné.

D'autres pionniers montent au créneau

Le binôme franco-iatlien n'est pas le seul à phosphorer sur ce créneau. D'autres pionniers, et non des moindres, fourbissent leurs armes.

Aux Etats-Unis, la société Zee.Aero - dont le fondateur de Google, Larry Page, est actionnaire - travaille sur un véhicule hybride. Une autre société américaine Terrafugia, développe un véhicule hybride capable de rouler et de s'élancer dans les airs. Et Uber, qui a publié en novembre son livre Blanc Uber elevate, "réfléchit à la question". Le géant californien des VTC (véhicules de transport avec chauffeurs) imagine notamment que l'on pourra un jour réserver une voiture volante avec son smartphone.

En France, la maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage un service de taxis, les SeaBubble, surfant sur la Seine. Une dizaine de ces bulles volantes devraient être testées d'ici à juin prochain.

Mais le projet le plus avancé est chinois. L'entreprise EHang a en effet dévoilé en janvier 2016 à Las Vegas, à l'occasion du CES, un prototype (et non une vidéo) de son taxi volant autonome EHang 184. Une phase de test grandeur nature est prévue dès juillet prochain. C'est en effet Dubaï, ville de tous les superlatifs, qui va mettre en service le premier service de taxis volants autonomes au monde.

Des obstacles à lever

Le test grandeur nature que va lancer la monarchie du Golfe fera, à n'en pas douter, l'objet d'une attention planétaire car de nombreuses questions se posent. Deux exemples.

- La sécurité en premier lieu. Que se passerait-il en cas de souci technique sur un Ehang 184 ? L'entreprise chinoise évoque un centre d'assistance qui serait capable de prendre, manuellement et à distance, les commandes du drone-taxi.

- Autre obstacle sur la piste d'envol des autos volantes : la législation relative aux circulations aériennes qui, partout dans le monde, reste très contraignante. Or, si les expériences pour le transport des objets -comme les livraisons de colis par drones réalisées avec succès par Amazon ou La Poste, se heurtent aux textes en vigueur, notamment pour le survol des zones urbaines denses , qu'en sera-t-il lorsqu'il s'agira de faire voler, en masse, des personnes dans véhicules volants autonomes ?

"Concevoir et mettre en oeuvre avec succès des solutions qui fonctionneront à la fois dans les airs et sur terre nécessite une réflexion commune des secteurs de l'aéronautique et de l'automobile, ainsi qu'une collaboration avec les organismes gouvernementaux locaux chargés des infrastructures et des cadres réglementaires", a souligné Mathias Thomsen, le directeur général pour la mobilité aérienne urbaine d'Airbus lors de la présentation du Pop Up. C'est la raison pour laquelle il donne à son concept dix ans pour se concrétiser.

Source : actu web / Les Echos.fr – Article de Jean-Michel Gradt

Voir la version originale de l'article : Cliquez ICI...

VOIR TOUS LES ARTICLES

VOIR LES DOSSIERS ARCHIVÉS
des Bonnes nouvelles de l'industrie

SEPEM INDUSTRIES SUR LE NET 1200 fournisseurs dans tous les domaines

Je visite le salon virtuel

pub

MyFactoryPlace