L'interview du jour

Noël 2015 : le jouet français tire son épingle du jeu !

 

Des initiatives de communication judicieuses, des conditions économiques internationales plus favorables et de nouveaux modes de consommation devraient faire progresser de 7 à 10% la part des jouets "made in France" vendus dans l'hexagone. 

C'est en tout cas, les objectifs que souhaite atteindre la toute jeune Association des Créateurs et Fabricants de Jouets Français (ACFJF) présidée par Serge Jacquemier. Nouvelles parts de marché, perspectives d'emploi..., S. Jacquemier également Directeur Général de Vulli joue pour nous le jeu du question-réponse et nous annonce les bonnes nouvelles de son secteur.

Il parait que « Cette année, le Père Noël est fier de fabriquer en France" ?

Oui, en effet, c'est le slogan que notre Association des Créateurs- Fabricants de Jouets Français a décidé de communiquer auprès de 900 points de vente du pays. Notre objectif ? Augmenter la part des jouets français dans les rayons en faisant ressortir l'aspect « Made in France »  de nos produits  grâce à de petites affichettes.

La Grande Récré, King Jouet, JouéClub ou encore Toys "R" Us, toutes ces grandes enseignes sont partenaires de ce projet ! Aujourd'hui, 7 % des jouets vendus en France sont français. Nous souhaitons atteindre très bientôt les 10 %.

L'étiquette Made in France est-elle suffisante pour vendre plus par rapport aux produits chinois ?

Pour que le consommateur se tourne vers un produit français celui-ci doit être meilleur. C'est la première des conditions ! Ensuite, celui-ci doit être suffisamment créatif et différenciant et surtout compétitif en terme de prix. Les fabricants français ont aussi la capacité de fabriquer des jouets adaptés à la clientèle française, des jeux avec une grande personnalité. Enfin, les consommateurs ont aussi conscience qu'ils peuvent agir sur l'emploi dans le pays par leur décision d'achat. Donc s'ils ont le choix entre deux produits à qualité et prix égal, ils prendront le français.

Comment avez-vous réussi à vous imposer dans les rayons ?

La hausse du dollar face à l'euro et l'augmentation des salaires en Chine permettent aux produits français de proposer des prix plus concurrentiels. Ensuite la loi LME sur la Modernisation de l'Economie impose aux distributeurs un paiement à 45 jours. Par conséquent, leurs commandes sont fractionnées et forcément les entreprises les plus flexibles sont favorisées. Une usine française pourra réapprovisionner un magasin en quelques jours, c'est plus difficile pour une usine chinoise, compte-tenu des longs délais liés au transport. Enfin, en menant des grosses opérations de communication comme celle que nous menons actuellement avec l'ACFJF, il est plus facile de s'imposer.

C'est là que le rôle de votre association prend toute sa mesure ?

En effet, ensemble on est plus fort. Les marques du jouet français se sont solidarisées pour valoriser leur savoir-faire ! Nous souhaitons en effet mieux communiquer sur nos métiers, promouvoir le jouet fabriqué et créé en France sur le territoire et dans le monde entier. Nous menons des actions communes vers l'exportation et grâce à cela nous  pouvons mutualiser les frais engendrés et ainsi conquérir de nouveaux marchés.

Contrairement à d'autres marques françaises, Vulli que vous dirigez depuis 2006 n'a pas cédé au chant des sirènes chinoises pour son produit phare Sophie la Girafe.

En effet, Sophie la Girafe créée en 1961 est devenue un objet fétiche du bébé : sa composition en caoutchouc naturel et le fait qu'elle éveille les 5 sens du bébé l'ont rendu unique. A ce jour, nous en avons vendu plus de 55 millions dans le monde ; Elle a continué à se vendre sans subir la concurrence des produits équivalents chinois, nous sommes présents dans près de 80 pays dans le monde et l'export représente 60% de notre chiffre d'affaire.

Comment avez-vous réussi cet exploit ?

Nous avons tout d'abord décidé de détailler l'identité du produit sur l'emballage en 7 langues. Puis de monter toute une gamme de produits de puériculture signés « Sophie la Girafe ». Enfin nous avons décidé en parallèle de nous adresser à la Digital Mum car dans le monde toute « maman connectée » est une consommatrice en puissance.

On parle directement aux mamans et on oublie les distributeurs. On se développe dans chaque pays par le biais d'une agence, avec des investisseurs qui ont envie de créer un nouveau business. Aujourd'hui, grâce à cela, notre CA est en progression de 10 à 12 % par an et nous prévoyons la construction d'une nouvelle usine dans les Vosges.

L'industrie française du jouet a donc encore de nombreuses cartes à jouer ?

L'industrie du jouet en France représente actuellement quelque 900 emplois (essentiellement des PME) et 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, et nous poursuivons les créations d'emplois.

Comme nous le répétons aux distributeurs, mettez-nous en concurrence, nous sommes prêts à relever le défi, y compris pour des produits en marque propre. Nous disons à la distribution qui a créé des bureaux de sourcing à l'étranger, que nous sommes capables de relancer des produits 40 ans après leur lancement et cela à des prix très attractifs et dans toujours dans l'air du temps (l'arbre magique des Klorofil : ndlr)

Nous sommes toujours là malgré les contraintes horaires, le coût des salaires, etc. Ouvrez-nous les portes de la grande distribution et nous augmenterons nos ventes de 30 %. Tout le monde doit être convaincu que nous avons de réelles compétences en France avec un très grand savoir-faire. 

 

Chiffres clés de l'ACFJF

  • 24 marques,
  • 1,2 milliards d'euros de CA annuel,
  • 10 régions concernées,
  • Près de 900 emplois,
  • 000 points de vente soutiendront la campagne de communication de fin d'année,
  • 3 Grands Prix du Jouet Edition 2015 : Sentosphère, Dujardin et Meccano.

 

 Interview réalisée pour SEPEM / Les BNI par Stéphanie VERGEZ

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