L'interview du jour

CHEZ SART VON ROHR, LA RELOCALISATION, ON Y CROIT DUR COMME FER !

Pour cette entreprise alsacienne spécialisée dans la fabrication de vannes industrielles et de systèmes de régulation, la crise n'existe pas ! Investissements, agrandissements et gros contrats... La stratégie du « Made in France » semble porter ses fruits. Rencontre avec Eric Braquet, un Pdg passionné qui nous annonce des bonnes nouvelles !

Sepem : Vous êtes l'une des premières entreprises d'Alsace à avoir obtenu le label « Origine France Garantie », c'est une fierté ?

Eric Braquet : C'est surtout un très gros avantage pour nos clients, parce que nous leur garantissons ainsi une relocalisation de nos achats de matières premières et une production française, avec des produits finis plus fiables et de meilleure qualité !

Sepem : Pourquoi avoir choisi de refaire du Made in France après plusieurs années de production en Asie ?
Eric Braquet : Quand nous avons racheté l'entreprise en 2006, plus de 60% de nos produits arrivaient des fonderies chinoises. Les prix augmentaient à vue d'oeil pour une qualité qui laissait plus qu'à désirer. Un tiers partait au recyclage, un tiers était à jeter, il nous restait donc un tiers de marchandises utilisable. Aujourd'hui, 80 % de la production de nos fonderies et forges est française et à 98% européenne. Outre la qualité des produits, autre gros avantage pour nos clients, nous pouvons écourter les délais et être ainsi plus flexibles parce que nous produisons localement.

Eric Braquet, Responsable de Sart von Rohr
Sepem : Et qui sont vos clients ?
Eric Braquet : Aujourd'hui, tout le monde ou presque utilise nos produits. Nous sommes les seuls fabricants français à produire des vannes de thermorégulation et dans l'industrie tout le monde en a besoin. Dans l'agroalimentaire par exemple, le jambon a besoin d'eau chaude pour sa cuisson, les salades ont besoin d'être nettoyées, les sauces tomates transportées, etc. Dès lors qu'il y a des liquides ou des fluides, il est nécessaire d'avoir des vannes et donc nous sommes là pour les fabriquer ! Nous travaillons également pour EDF sur un dispositif alternatif à l'usage du fréon dans les centrales nucléaires. Même s'il est plus simple de transporter de l'eau, nous devons être capables de tout pouvoir transporter, fluides acides, corrosifs, des huiles, etc.

« Il n'existe pas de bonne société sans un bon personnel. Une société c'est avant tout des hommes »

Sepem : A votre arrivée en 2006, vous avez également recentré votre activité sur votre corps de métier, vous avez relocalisé mais vous avez également apporté d'autres changements à Sart Von Rohr ?
Eric Braquet : Nous avons changé tous les bâtiments, depuis 2008, nous avons investi plusieurs millions d'euros dans l'amélioration de notre outil de production et nous poursuivons sur notre lancée, avec une extension de 1000 m2 qui verra le jour en février 2014. Notre bureau d'études est passé de 2 à 6 ingénieurs, la recherche et développement et l'innovation sont fondamentales ! La seule chose que nous n'avons pas changé c'est le personnel. Ce personnel ultra qualifié a de nombreuses compétences et surtout un savoir-faire unique. Il n'existe pas de bonne société sans un bon personnel. Une société c'est avant tout des hommes. De 48 personnes, notre effectif atteint aujourd'hui les 80.

SEPEM : Des hommes qui sont actionnaires de leur entreprise, il me semble ?

Eric Braquet : En effet, quand ma femme et moi avons racheté la Sart Von Rohr à un fonds de pension américain, nous avons décidé de laisser une part du capital aux salariés. On est plus impliqué quand on travaille pour soi !

SEPEM : Si tout semble rose dans votre univers, vous devez certainement aussi rencontrer des difficultés ?

Eric Braquet : Aujourd'hui en France, la fonderie est un métier qui n'existe plus, les formations dans la fonte sont quasi inexistantes et pourtant il y a du travail. Nous recherchons régulièrement des opérateurs à commandes numériques car nous n'en trouvons plus sur le marché du travail. C'est la même chose pour les soudeurs-monteurs. Un très bon soudeur-monteur est certain de posséder un métier d'avenir et le très bon salaire qui va avec !

SEPEM : Une progression cette année de 10 %, quelles sont les clés de votre succès ?

Eric Braquet : Contrairement à la plupart des industries, nous avons choisi d'avoir du stock, ce qui nous permet de répondre rapidement à nos clients. En toute humilité, je crois pouvoir dire que contrairement à certains de nos concurrents étrangers, chez Sart Von Rohr on tient les délais, on propose des produits de qualité. Nous avons aussi choisi pour l'instant de ne pas faire ou peu faire d'export, ce sont nos clients qui s'en chargent.

SEPEM : Et pour conclure notre entrevue, est-ce que vous avez une bonne nouvelle à nous annoncer ?

Eric Braquet : Oui en effet, nous venons d'apprendre que nous avions été choisis pour fournir toutes les vannes de thermorégulation du plus gros paquebot du monde L'Oasis qui est actuellement en construction dans les chantiers de Saint-Nazaire.
CHIFFRES/DATES CLES

1930 : Création de la Société Alsacienne de Réglage Thermique à Strasbourg (SART).

1935 : Transfert à Bitschwiller lès Thann

1938 : Rachat par le Groupe Manurhin de Mulhouse

1981 : Le Groupe Manurhin décide de fusionner ses deux filiales, SART et Delta pour former la Société Manurhin Mesure et Contrôle.

2001 : SART von Rohr SA devient SART von Rohr SAS après son entrée au sein du groupe Circor International.

2006 : SART von Rohr SAS est filiale de SART HOLDING SA

2007 : Achat de la marque BYVAP® qui devient une division de SART von Rohr.

2008 : Inauguration du nouveau siège social.

2013 : Chiffre d'affaires de près de 11 millions d'euros...

 
 
 

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