L'interview du jour

CES 2017 : Blue Frog Robotics veut vendre 70 000 robots Buddy en deux ans

 Avec sa version remasterisée du droïde assistant de Star Wars R2-D2, qui coûte le prix d'un smartphone, la start-up tricolore cible le marché grand public.

R2-D2, le robot de la saga Star Wars, est le personnage de film favori de Rodolphe Hasselvander, PDG et fondateur de l'entreprise Blue Frog Robotics. Il s'est inspiré du petit droïde assistant du film de George Lucas pour concevoir son propre robot grand public, baptisé Buddy. Sa start-up, fondée en 2014 et basée à Paris, fait partie de la délégation de près de 250 pépites tricolores présentes au CES, qui se déroule du 5 au 8 janvier à Las Vegas.

L'entrepreneur a travaillé une dizaine d'années au CRIIF, un laboratoire privé de recherche en robotique, pour concevoir des robots sophistiqués. "Un jour, j'ai eu envie de créer un appareil qui puisse s'intégrer dans la vie de n'importe quelle famille, qui crée du lien social avec toutes les générations", explique Rodolphe Hasselvander. Grâce à une série d'applications ludoéducatives, Buddy joue avec les enfants, mais peut également dialoguer avec des personnes âgées, leur rappeler de prendre leurs médicaments trois fois par jour. Il est capable de donner la météo, des idées de recettes à partir des aliments qui sont dans le frigidaire...

Le nombre d'action que Buddy peut accomplir est potentiellement infini, car des développeurs tiers peuvent programmer pour lui des applications, qui sont téléchargeables sur le robot. "20 ingénieurs informatiques ont créé des applis sur la version alpha de notre plateforme de développement, ils seront 200 sur la version bêta que nous lançons à l'occasion du CES", dévoile le PDG.

Buddy mesure 60 cm de haut. © Blue Frog Robotics

"Nous ciblons principalement les familles avec enfants. Nous avons estimé ce marché potentiel en Europe et aux Etats-Unis à plusieurs dizaines de millions de robots. Nous espérons prendre un bonne part de ce gâteau en commercialisant au moins 600 000 Buddy", jauge le patron. Pour gagner son pari et toucher le grand public, Blue Frog Robotics a beaucoup travaillé sur l'image de Buddy, qui doit inspirer confiance et être capable de tisser des relations affectives avec ses interlocuteurs. "Il n'est pas plus grand qu'un animal de compagnie, 60 cm de haut à peine. Sa présence n'est donc pas envahissante pour son entourage. Pour lui donner un air vivant, nous avons beaucoup travaillé sur les mouvements de son cou. Lorsqu'il penche la tête sur le côté, Buddy est attendrissant. Nous lui avons également dessiné de grands yeux enfantins. Sa voix, à mi-chemin entre celle d'une femme et celle d'un enfant, est en accord avec ce personnage sympathique", détaille le dirigeant.

Mobile, Buddy se déplace sur de petites roues. "Pour avoir des relations fluides avec son environnement, il cartographie la maison dans laquelle il se déplace grâce à ses trois caméras", souligne l'entrepreneur. Blue Frog Robotics stocke les données enregistrées par le robot sur ses serveurs et demande ensuite à ses clients l'autorisation d'exploiter leurs data pour améliorer le fonctionnement de la machine. L'entreprise exclut à court terme l'idée de commercialiser ces informations auprès d'entreprises tierces mais est consciente de leur valeur (aujourd'hui, de nombreuses sociétés tentent de pénétrer dans la maison de leurs clients pour mieux comprendre leurs besoins et leurs habitudes). Elle ne ferme pas totalement la porte sur une exploitation de ces data à plus long terme.

"Nous avons vendu nos Buddy à ID TGV, qui va les installer dans une trentaine de ses rames, à l'accueil du wagon restaurant"

Pour être accessible à (presque) toutes les bourses, Buddy coûte autour de 600 dollars (le tarif est variable en fonction des options choisies), soit le prix d'un smartphone. "A titre de comparaison, les deux robots de compagnie d'Aldebaran Robotics, Nao et Pepper, coûtent respectivement autour de 8 000 et 15 000 euros", pointe Rodolphe Hasselvander. Pour que Buddy soit abordable, Blue Frog Robotics ne l'a doté ni de jambes ni de bras (ces derniers peuvent être ajoutés en option). Ces deux éléments font exploser le coût de développement d'un robot. "Créer un Buddy avec des jambes impliquait de développer des algorithmes complexes liés à la marche et faisait exploser sa consommation d'énergie. Il se déplace plus vite sur ses roues", poursuit-il.

Somfy, Orange, Microsoft... De nombreuses entreprises, alléchées par ces tarifs compétitifs, ont contacté Blue Frog Robotics pour lui commander des robots, même si le BtoB n'est pas sa cible marché principale. "Nous avons vendu nos Buddy à ID TGV, qui va les installer dans une trentaine de ses rames, à l'accueil du wagon restaurant", révèle le dirigeant. Le robot pourra proposer le menu du jour aux voyageurs et jouer avec leurs enfants pendant qu'ils se sustentent.

Buddy sera mis sur le marché courant 2017. Blue Frog Robitics a d'ores et déjà pré-commercialisé 1 500 de ses droïdes de compagnie, collectant au passage 1,5 million de dollars. La jeune pousse, qui vise la rentabilité dès 2018, compte écouler 20 000 Buddy en 2017 et 50 000 en 2018.

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Source : actu web / Article de Lélia De Matharel pour le JDN – 04/01/2017

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