L'interview du jour

CAP ingelec, Cap au sud

Dans ce climat morose imposé par la crise, certaines entreprises semblent pourtant tirer leur épingle du jeu. C'est le cas d'une petite ETI française indépendante : Cap Ingelec. Si au cours des 20 dernières années, cette entreprise s'est fait connaître par ses compétences en électricité, automatismes industriels ou génie climatique, elle compte aujourd'hui, parmi les dix plus grosses sociétés d'ingénierie technique et de construction de l'hexagone.

Des prises de décisions stratégiques audacieuses et une bonne compréhension des nouveaux besoins de l'Industrie permettent aujourd'hui, à Cap Ingelec d'atteindre un chiffre d'affaires consolidé de 40 Millions d'euros en 2014. Patrick Dubois, Directeur marketing communication et relations extérieures, revient pour nous sur les récents choix opérés par Jean-Paul Calès (Président) et son équipe.

Quand on est un cabinet d'ingénierie français, on se retrouve dans un paysage très concurrentiel, comment avez-vous fait pour vous démarquer ?

Notre société se porte bien parce qu'elle a su prendre deux virages importants. Début 2014, nous avons décidé de capitaliser sur quatre grands domaines d'activité dans lesquels nous avons acquis une expertise et des références d'envergure nationale et internationale : le bâtiment, l'Industrie et l'Agroalimentaire, l'Energie et la création/rénovation de datacenters. Mais ce que nous avons surtout fait, c'est réduire notre activité sur les marchés publics en nous concentrant sur les marchés privés. Marchés pour lesquels nous avons constaté une très forte reprise, notamment dans le domaine industriel. Nous fonctionnons ainsi dans une logique de fidélisation avec nos clients, pour lesquels nous essayons d'apporter une véritable expertise technique.

C'est dans ce contexte que vous avez mené le projet ‘‘Evian 2015'', marque du groupe Danone ?

Nous avons en effet été choisis pour les missions d'ingénierie de toute la réhabilitation et la réorganisation du site de production (Haute-Savoie) de l'eau d'Evian. Notre rôle ? Organiser et mettre en oeuvre la démolition et la reconstruction de près de 60 000 m² en site occupé par plus de 900 personnes ; Il s'agit en effet, de l'usine d'embouteillage d'eau minérale naturelle, la plus grande au monde, qui produit 1,5 milliard de litres par an et plus de 6 millions de bouteilles par jour. Deux ans après le lancement du projet, Danone dit de nous : Cap Ingelec a été l'entreprise qui a su le mieux comprendre nos attentes... ».

Ce genre de projets doit vous donner confiance et vous permettre de prendre d'autres initiatives ?

Aujourd'hui, nous réinventons notre offre « clés en mains » et avons même créé une unité spéciale qui lui est destinée : Ingénierie & Réalisation. Nous favorisons le développement des marchés clés en main. Pour plusieurs raisons : le pôle d'activités est complémentaire à celui de la maîtrise d'oeuvre et c'est la garantie pour nos clients d'avoir un interlocuteur unique et pour nous de suivre le projet de bout en bout. C'est plus de risques mais aussi potentiellement plus de profit.

Autre orientation majeure pour une ETI, le développement à l'International. Pourquoi ce choix ?

L'évolution du marché de l'ingénierie d'une part et le potentiel de croissance de certains pays d'Afrique d'autre part, nous ont amenés à prendre cette direction. Nous structurons donc à l'international nos activités liées à la construction de datacenters. Nos compétences en solutions techniques liées aux performances énergétiques alliées à notre savoir-faire historique en construction de datacenters nous le permettent aujourd'hui. Notre groupe vient de créer une holding qui a pour but de chapeauter nos filiales à l'étranger sous la forme de joint-venture avec des partenaires locaux : c'est le cas au Maroc, bientôt au Sénégal et en Afrique du Centre et de l'Ouest, avec des projets en Turquie et en Suisse.

Et en France alors ?

Nous avons une véritable ambition de croissance externe en France, c'est le pendant de la bonne santé de l'entreprise. Notre objectif est de cibler de nouveaux champs d'activité comme la pharmacie ou la Biochimie et pour cela renforcer nos compétences dans les domaines de la conception et la construction de laboratoires pharmaceutiques. Un mandat a d'ailleurs été signé avec la société bordelaise Entreprise et Patrimoine dans le but de réaliser une croissance externe.

Croissance externe, développement à l'international, CA en hausse, vous allez nous annoncer d'autres bonnes nouvelles ?

Oui, nous allons recruter. Nous nous tournons désormais vers les grandes écoles comme l'Ensam, CentraleSupélec. Notre objectif : embaucher une dizaine d'ingénieurs d'ici la fin de l'année. Côté communication, il y a donc aussi du changement avec une nouvelle identité graphique : un changement de logo, une nouvelle signature, bientôt un nouveau site internet... tout cela est bien un signe fort que Cap Ingelec a confiance en l'avenir.

Cap Ingélec en chiffres :

  • 35 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013, 40 en 2014 (CA consolidé)
  • 250 salariés dont 150 ingénieurs
  • 11 implantations réparties sur l'ensemble du territoire national
  • 10 millions d'euros de capitaux propres

Patrick Dubois, Directeur Marketing, Communication et Relations Extérieures

Propos recueillis pour les BNI par Stéphanie Vergez

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